Trump agit comme un soviétique : ne l’idolâtrez pas comme un homme de droite ; il est protectionniste et censeur
- Ricardo Gurgel

- 19 de jan.
- 9 min de leitura
Le protectionnisme économique n’est pas une « vraie droite », c’est un contrôle du marché
Trump se présente comme un défenseur du libre marché, mais dans la pratique il adopte une logique d’État interventionniste : droits de douane, barrières, sanctions commerciales et pression sur les chaînes de production. Ce n’est pas du libéralisme économique. C’est une économie dirigée, où le gouvernement choisit les gagnants et les perdants.
Le nationalisme économique est la version moderne de la planification centrale
L’idée de « America First » devient souvent un argument pour manipuler le commerce, forcer les entreprises à se relocaliser et utiliser l’État comme instrument de coercition économique. C’est une mentalité typique des régimes qui traitent le marché comme un outil politique, et non comme un espace de liberté.
La rhétorique des « ennemis intérieurs » est un classique des régimes autoritaires
Le discours selon lequel il existerait un « système » infiltré, des saboteurs, des traîtres et une élite conspiratrice suit le même scénario historique utilisé par les gouvernements qui doivent justifier des mesures d’exception. Quand un dirigeant fabrique un ennemi permanent, il fabrique aussi l’excuse parfaite pour concentrer le pouvoir.
La censure n’est pas seulement interdire un journal : c’est intimider, étouffer et contrôler le récit
La censure moderne n’a pas besoin de fermer la presse avec des chars. Il suffit de délégitimer les journalistes, de faire pression sur les plateformes, de menacer les médias, d’encourager la persécution publique et de transformer toute critique en « crime moral ». L’intention est la même : réduire l’espace critique et imposer un monopole de la vérité.
Contrôler le débat public au nom du « patriotisme », c’est un contrôle idéologique déguisé
Quand le critère devient « celui qui critique est anti-américain », la liberté d’expression se retrouve conditionnée à l’obéissance. C’est l’opposé de l’esprit libéral-conservateur classique, qui tolère la contradiction et comprend la critique comme une partie normale du jeu démocratique.
La politique comme spectacle sert à remplacer les institutions par un culte du chef
Le dirigeant devient l’État lui-même. La loyauté personnelle vaut davantage que les règles, les principes et les limites institutionnelles. Ce n’est pas du conservatisme institutionnel. C’est du personnalisme politique, bien plus proche de modèles autoritaires que d’une droite démocratique.
L’idée que « la loi ne vaut que lorsqu’elle m’arrange » est contraire à l’État de droit
Un politicien qui relativise la justice, la presse, les élections et les mécanismes de contrôle ne défend pas l’ordre : il défend une impunité sélective. Les régimes autoritaires fonctionnent exactement ainsi : la loi pour les autres, la protection pour les alliés.
L’intervention sur les entreprises et les secteurs devient du chantage politique
Faire pression sur des entreprises, menacer des contrats, encourager des boycotts et utiliser l’État pour punir des « ennemis » est une méthode de coercition typique des gouvernements qui n’acceptent pas l’autonomie du secteur privé. C’est un capitalisme de connivence, avec une esthétique populiste.
Le protectionnisme crée un « capitalisme d’État », pas un capitalisme libre
Les droits de douane deviennent un impôt caché, qui renchérit la consommation et fausse la concurrence. Et quand cela est vendu comme une « défense du peuple », le résultat est souvent le même : plus de pouvoir pour le gouvernement et plus de dépendance envers des groupes économiques alignés sur le pouvoir.
La censure et le protectionnisme avancent ensemble : les deux dépendent du contrôle
Pour contrôler l’économie, il faut contrôler le récit. Pour contrôler le récit, il faut intimider la dissidence. Ce n’est pas un hasard : les régimes qui centralisent l’économie tendent aussi à centraliser la communication.
Trump ne représente pas « la droite », il représente un populisme de pouvoir
La droite, au sens classique, défend les institutions, les limites de l’État, la liberté économique et le pluralisme. Trump fonctionne avec une autre logique : pouvoir concentré, État comme arme, et discours moral pour justifier la coercition.
Directe de l’argument
Idolâtrer Trump comme symbole automatique de « droite », c’est ignorer l’essentiel : il agit avec des outils typiques de gouvernements étatisants et autoritaires, protectionnisme, pression institutionnelle et tentative de contrôler le débat public. Cela ressemble davantage à une mentalité soviétique de contrôle qu’à une droite libérale et démocratique.
Trump « marque contre son camp » et aide la gauche
Cette idée devient beaucoup plus claire quand on observe l’effet politique collatéral : il déplace le débat vers le terrain de la peur et de la réaction, et cela réorganise souvent le camp adverse, sauve des leaders usés et crée des victoires que la gauche n’aurait pas pu obtenir seule.
Le retour de popularité de Lula et le contexte Trump
Lula avait une popularité en baisse en 2025
Au début de 2025, les sondages montraient que l’approbation du président Luiz Inácio Lula da Silva était à des niveaux historiquement faibles pour ses gouvernements, avec une désapprobation qui se rapprochait ou dépassait l’approbation dans plusieurs enquêtes tout au long de l’année.
L’escalade du conflit avec Trump a modifié les perceptions
Lorsque le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé des tarifs élevés sur les produits brésiliens, un mouvement initialement conçu pour faire pression sur le Brésil et favoriser des alliés comme Jair Bolsonaro, cela a fini par devenir un facteur de mobilisation interne au Brésil.
La réponse de Lula à « l’attaque » extérieure a créé un effet rally-around-the-flag
Le gouvernement brésilien a réagi en critiquant durement ces tarifs, en les présentant comme une ingérence indue et en insistant sur la défense de la souveraineté nationale. Cette posture a renforcé le soutien public à Lula dans certains segments, générant un effet d’unité face à une pression extérieure, ce qui bénéficie souvent aux dirigeants lorsque l’adversaire étranger est perçu comme hostile.
Les sondages ont enregistré une amélioration de l’approbation
Les données de 2025 ont montré que l’approbation de Lula a dépassé la désapprobation au milieu de l’année dans au moins une mesure. Des enquêtes comme Ipespe et Genial/Quaest ont indiqué une amélioration des indices d’approbation et une baisse du rejet. Une partie du gain de popularité a été associée à la répercussion positive d’une rencontre entre Lula et Trump à l’ONU, selon des analystes.
Interprétation politique
La dynamique est similaire à celle observée dans d’autres pays : lorsqu’un leader étranger adopte des postures perçues comme hostiles, cela peut accroître le soutien à la direction nationale, même si sa popularité était en baisse. Cela ne signifie pas que la reprise s’explique uniquement par Trump. Des facteurs internes, comme des politiques sociales ou économiques, comptent aussi. Mais la réaction à la pression extérieure a servi de catalyseur.
Élections fédérales au Canada en 2025
Réalisation et résultat
Les élections fédérales au Canada ont eu lieu le 28 avril 2025 pour élire la 45e Chambre des communes. Le Parti libéral, dirigé par Mark Carney, a conservé le pouvoir avec un gouvernement minoritaire et a remporté la plus grande part du vote populaire et des sièges, renversant les attentes d’une défaite annoncée.
Situation avant le vote
Avant le scrutin, le Parti conservateur, sous Pierre Poilievre, apparaissait dans les sondages avec une avance considérable et était considéré comme favori pour obtenir une majorité.
Importance des relations avec les États-Unis
La campagne a été marquée par des questions internes comme l’économie, le coût de la vie, le logement et la criminalité, mais les tensions avec les États-Unis, y compris des tarifs et des menaces attribuées à Trump, ont joué un rôle important dans la mobilisation électorale. Selon certaines analyses, les commentaires de Trump sur le Canada, y compris des menaces rhétoriques très dures, ont renforcé le patriotisme et la critique des politiques américaines, ce qui a contribué à la stabilité des libéraux dans les urnes.
Dénouement et répercussions
Le Parti libéral n’a pas obtenu la majorité absolue, mais a consolidé sa position comme principale force parlementaire. La victoire a représenté un retournement de tendance, puisque les sondages antérieurs et les projections indiquaient une large avance conservatrice. Le résultat est souvent interprété comme un signal que les électeurs ont rejeté les associations directes avec des agendas alignés sur Trump, en particulier sur les questions de souveraineté et de politique commerciale.
Lien entre Lula, Trump et les élections au Canada
Même si les contextes du Brésil et du Canada sont différents, il existe une logique commune. Dans les deux cas, l’attitude de Trump, via des tarifs, une rhétorique hostile et une pression extérieure, a fini par renforcer des adversaires politiques de ceux qu’il cherchait à favoriser.
Au Brésil, cela a contribué à relancer l’approbation de Lula à un moment délicat. Au Canada, cela a favorisé une réaction populaire négative qui, au moins en partie, a bénéficié aux libéraux face à la progression des conservateurs.
Cette dynamique ne ressemble pas à un simple accident. Elle correspond à un schéma où des politiques agressives au-delà des frontières mobilisent l’opinion publique interne contre la figure ou l’agenda associé à l’acteur extérieur.
Trump est un admirateur infatigable de Poutine, nostalgique de l’URSS
Le schéma rhétorique : éloges personnels et validation du « chef fort »
Trump décrit souvent Poutine comme « fort », « intelligent », « malin », « très rusé ». Même lorsqu’il critique un acte précis, il tend à séparer l’acte de la personne et à revenir au point central : Poutine serait un dirigeant efficace, dur, dominant.
Cela est révélateur, car ce n’est pas le vocabulaire typique d’un dirigeant occidental parlant d’un adversaire stratégique. Habituellement, l’éloge est accompagné de garde-fous institutionnels. Trump, lui, loue fréquemment sans contrepoids moral, ce qui transmet un message symbolique : il admire la forme, l’autorité, la capacité d’imposer sa volonté.
Défense indirecte : relativisation de la faute et transfert de responsabilité
Un trait récurrent dans les déclarations de Trump est le déplacement du problème. Au lieu de traiter la Russie comme agresseur de manière directe, il cadre souvent la situation ainsi : les États-Unis auraient provoqué, l’OTAN aurait provoqué, l’Europe serait coupable, l’Ukraine aurait commis des erreurs, Biden serait faible, et cela ne serait pas arrivé avec lui.
Ce cadrage n’est pas neutre. Il réduit la centralité de la décision russe et, par conséquent, blanchit l’image de Poutine dans le débat public. Dans les faits, Trump joue le rôle d’avocat du contexte : « Poutine a fait cela, mais… ».
L’obsession de « négocier avec le chef fort » comme solution magique
Trump vend l’idée que les guerres et les crises internationales se résolvent par « une conversation » entre dirigeants, comme si les institutions, les alliances, la souveraineté et le droit international n’étaient que des détails.
Cette vision s’accorde parfaitement avec le modèle poutinien : décisions concentrées, diplomatie personnalisée, accords comme imposition plutôt que comme consensus. Quand Trump suggère que le problème serait un manque de « respect » et qu’il suffirait d’être dur pour que Poutine recule, il renforce la logique autoritaire : le monde serait un échiquier de chefs, et non un système de règles.
Ce qu’il admire au fond : contrôle interne et discipline sociale
Poutine incarne un type de leadership que Trump semble considérer comme souhaitable : une presse domestiquée, une opposition affaiblie, un appareil d’État discipliné, un récit national unique et une punition exemplaire des adversaires.
Trump n’a pas besoin de dire explicitement « je veux être comme Poutine ». L’admiration apparaît lorsqu’il présente ce type de commandement comme de la « force », et non comme un danger démocratique. C’est la même logique que celle de ceux qui confondent autorité et légitimité.
Le point le plus sensible : Trump agit souvent comme si les institutions étaient des ennemies
La démocratie libérale dépend d’une presse libre, d’une justice indépendante, d’une bureaucratie professionnelle, de l’alternance du pouvoir et de limites au pouvoir exécutif.
Poutine gouverne avec l’inverse : un État centré sur le chef et soutenu par le contrôle. Trump, à plusieurs reprises, montre une impatience face aux freins institutionnels du système américain, en les décrivant comme une « sabotage » du deep state.
Quand il regarde Poutine et voit de l’efficacité, il admire précisément ce que la démocratie cherche à empêcher : un pouvoir sans frein.
Pourquoi cela devient un « but contre son camp » pour la droite démocratique
Si la droite veut rester un champ politique viable dans les démocraties, elle doit défendre l’État de droit, la propriété et la liberté économique, la liberté d’expression et la stabilité institutionnelle.
Le problème est que le modèle poutinien combine nationalisme d’État, répression politique, économie contrôlée par des oligarques, propagande et coercition. C’est un autoritarisme avec capitalisme de connivence. Ce n’est pas une droite libérale. C’est autre chose.
Et quand Trump normalise Poutine comme un « dirigeant admirable », il pousse la droite vers une zone toxique : elle se retrouve associée non pas à la liberté, mais à un autoritarisme « efficace ».
Synthèse : l’admiration n’est pas un détail, c’est un signal de projet de pouvoir
Le fil conducteur est simple. Trump montre de la sympathie pour les dirigeants qui concentrent le pouvoir et imposent l’obéissance, et Poutine est l’un des exemples les plus emblématiques de ce style.
C’est pourquoi, lorsque Trump « défend » Poutine, directement ou indirectement, ce n’est pas seulement de la géopolitique. C’est une identification à un archétype : le chef qui commande, qui fait taire les opposants et qui gouverne comme s’il était propriétaire du pays.











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